La santé c’est important, tout le monde le sait, mais le fait que tout le monde veut être en bonne santé pourrait’-il occasionner une surconsommation (aléa moral) des soins de santé. Les systèmes québécois et canadien sont des systèmes où la gratuité et l’accès à tous sont des valeurs fondamentales, mais également légales. Voir l’article sur la loi sur la santé canadienne : Le « health act ». Posons quelques6 questions sur le système de santé canadien et tentons de répondre à ces dernières de manière économique. Il est important de mentionner qu’actuellement cette loi n’a pas été votée et que les règles qui la régissent ne sont pas encore établies. Un autre article visant à rectifier les allégations sera donc publié dès que plus d’informations seront disponibles.

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Qu’est-ce qu’une franchise et un ticket modérateur ou opérateur? En fait, le système de tarification qui serait implanté si cette loi passait réellement ne ressemblerait ni à une franchise ou à un ticket modérateur, car une franchise et un ticket modérateur doivent être payés au moment de la consommation des soins. C’est pourquoi le gouvernement a appelé ce tarif un ticket opérateur. La principale différence est que la valeur du ticket opérateur serait ajoutée à la déclaration de revenu des contribuables qui ont consommé des soins de santé. Ainsi, ce tarif agit comme une franchise à retardement.

Quels sont les effets sur la consommation de soins de santé? Comme discuté dans l’article sur l’élasticité de la demande, la consommation de soin de santé et principalement en première ligne est peu influencée par les prix étant donné que ces soins sont souvent nécessaires ou vitaux par exemple à l’urgence. Certaines personnes surconsomment peut-être des visites aux médecins généralistes, mais ce type de surconsommation n’est certainement pas la norme.

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La surconsommation réelle est t’elle probable dans notre système? Il y a trois principaux types de systèmes économiques en santé comme dans plusieurs autres secteurs économiques d’ailleurs. Il y a les systèmes centralisés (dirigé par l’état) comme au Québec, les systèmes décentralisés comme aux États-Unis et les systèmes mixtes comme en France qui sont un hybride entre les deux. Les systèmes centralisés utilisent la gestion de l’offre et de la demande pour limiter la surconsommation. C’est-à-dire que pour voir un spécialiste il faut avoir une approbation, il y a des listes d’attente considérable pour plusieurs traitements, prendre un rendez-vous peut-être difficile et de longues attentes dans les urgences. D’un autre côté, les médecins doivent remplir des paperasses tatillonnes pour qu’un patient puisse obtenir des soins et doivent respecter des limites par patients, des heures préalouées et des ressources particulièrement limitées. Ainsi, le principal coût que les patients sont à même de payer dans le système canadien est le coût en temps et on peut dire que les Québécois sont particulièrement malchanceux sur cet aspect. Les coûts en temps sont si grands que la plupart des gens évitent l’hôpital comme la peste par instinct. Les systèmes décentralisés, eux font faces à une clientèle qui à déjà payé une prime et qui surconsomme naturellement due à l’effet d’assurance. D’un autre côté, ces gens s’apprêtent à payer directement leurs soins de santé et demanderons donc plus d’attention, plus de service et exigerons une attente très courte ou inexistante. Ainsi, le système centralisé est généré pour limiter l’aléa moral. Je ne dis pas que ce système est parfait, mais qu’ajouter une incitation économique à ne pas consommer des soins de santé n’est pas le principal coût que les gens doivent payer lorsqu’ils vont chez le médecin.

Quel est le principal problème de ce tarif? Le principal problème de cette politique est le risque d’assurance. Soyons très intuitifs ici et démontrons notre idée. Une personne très malade et souffrante à des problèmes qui dépassent largement le petit bobo qui peut attendre avant d’être guéri. Ces gens très malades ne peuvent pas travailler et ne peuvent donc pas avoir un revenu suffisant pour payer la franchise. Dans leur cas, on parle de gens qui visitent l’Hôpital et le médecin plusieurs dizaines de fois par années. Ces mêmes personnes subiront donc une diminution de la couverture publique, car ce tarif va diminuer leur accès à des soins.

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Si le gouvernement met en place un système qui protège ces individus, n’y a-t-il plus de problèmes? Un autre problème est celui de la prévention. Plusieurs études en économie de la santé et dans d’autres domaines prouvent que la prévention est généralement le soin de santé le plus rentable de tous. Si l’on prévient une maladie grave, on évite des coûts d’hospitalisation immense ainsi que des traitements longs, douloureux et onéreux. Pour un économiste de la santé, la prévention c’est le futur et on devrait investir plus dans ce type de traitement pour augmenter la qualité-coût des soins de santé au Canada. Cette politique est antiprévention. Étant donné que la prévention est difficile à faire avaler par un individu qui se croit en pleine santé, il sera encore plus difficile de convaincre quelqu’un d’y aller s’il doit payer en plus. Sur cet aspect, cette mesure est totalement contre-productive. Une étude récente affirmait que de faire une mammographie à toutes les femmes qui arrivait à 55 ans revenait au net après avoir pris en compte tous les coûts du test préventif et les coûts épargnés par la détection préventive de cancer à -100$. Ainsi, pour chaque mammographie que le système exécutait, il recevait en fait 100$ comme un cadeau du ciel. On parle trop souvent de coût dans le système de santé, mais il manque une vision plus économique soit de coût-efficacité et de long terme. 

Y a-t-il des effets pervers autres que ceux mentionnés pour une franchise et une taxe à la santé annuelle? L’effet d’assurance peut venir affecter la dispense de soins de santé dans le système centralisé. Par exemple, maintenant que les gens paient à l’urgence, ils vont demander des soins plus rapides et plus efficaces. Ils pourraient également être offusqués de rester dans le corridor après avoir déboursé le prix d’entrée. En ce qui a trait aux consultations de médecins généralistes, les patients pourraient demander à passer plus de temps qu’a l’habitude avec le médecin et ainsi d’obtenir plus de conseils, limitant ainsi la possibilité qu’a le médecin de prendre plus de temps avec les patients qui ont plus de besoins.

Quel est le but réel de ce tarif? Le but réel de ce tarif est de faire contribuer chaque québécois au financement du système de santé. Ce tarif va peut-être diminuer la surconsommation de quelques personnes, mais du même coup limiter la consommation qui est la plus nécessaire soit celle des gens très malades. Elle va nécessairement amener des recettes au gouvernement, mais on parle d’environ un milliard, soit une très petite somme par rapport au coût total. Je crois qu’il est parfaitement justifiable de vouloir faire contribuer tous les Québécois à notre système, par contre il faudrait éviter de taxer les gens les plus malades. De plus, même si ces gens sont exclus de la politique, l’effet d’assurance et la diminution de la prévention seraient très dommageables pour notre système de santé.

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  Finalement,

  1. Le ticket modérateur est un tarif à retardement à la consommation de soins de santé de première ligne,
  2. Une faible diminution de la consommation s’en suit,
  3. Il n’y a pas vraiment de surconsommation dans un système centralisé avec gestion de l’offre et de la demande aussi stricte qu’au Québec
  4. L’effet le plus désastreux est sur les gens très malades qui voient leur accès diminuer et leur couverture publique également,
  5. La prévention qui est le pilier à prioriser dans le futur pour améliorer les soins de santé pourrait s’en trouver largement affecté de par le frais qu’il lui ait maintenant associé,
  6. L’effet d’assurance pourrait faire augmenter les demandes de la part des patients pour une même visite,
  7. Le principal but de ce tarif est de faire contribuer tous les Québécois au système de santé,
  8. Des milliards de dollars pourraient être sauvés si la gestion des coûts était plus serrée et que les traitements les plus coût efficient étaient utilisés. 

Je crois personnellement qu’il serait plus efficace de renforcer les incitatifs économiques des médecins à prescrire des traitements coût efficient plutôt que de tenter d’inciter économiquement le patient à ne pas surconsommer. Saviez-vous qu’il n’y a aucun système au Québec qui permet au médecin de savoir quel traitement est le plus coût efficient soit le traitement avec la plus grande qualité prix en fonction de la condition du patient? En fait, le système de santé au Québec commence à peine à analyser les coûts de chaque traitement. Je crois que c’est en productivité et en augmentation de la qualité-coût que le système de santé québécois pourra réellement voir la lumière au bout du tunnel.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

Voir l’article sur la taxe en santé (contribution générale en santé)

Voir l’article sur le « Health act »

Voir l’article sur la surconsommation (aléa moral)

Voir l’article sur l’élasticité de la demande

Voir l’article sur l’efficacité et l’efficience

économie de la santé

Le but ici n’est pas de prendre position pour ou contre la cette nouvelle taxe, mais plutôt de décrire de quelle manière cette dernière à un impact sur la population du Québec ainsi que les différentes classes sociales. Premièrement, mettons les choses aux clairs. Cette contribution qui est maintenant demandée aux citoyens est une taxe qui n’a pas pour but de réduire la consommation de soins de santé, mais bien de faire contribuer toute la population aux frais de soins de santé au Québec. Cette taxe s’adresse à toute la population du Québec peut importe leur revenu et c’est là le problème de celle-ci. Cette taxe joue le rôle d’une prime d’assurance. Il ne faut pas oublier non plus qu’un ticket modérateur ou opérateur pourrait être imposé. Voir l’article sur le ticket opérateur.

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Quel est le but de cette taxe? Cette taxe pourrait être comparée à une prime d’assurance. C’est-à-dire que le consommateur va payer un montant dans le but d’être assuré. Dans ce cas-ci, le prix n’est pas fixé en fonction du risque du patient, mais plutôt du revenu familial. Dans le cas d’une famille qui gagne moins de 30,000$, avec deux enfants, celle-ci n’aura pas à payer, mais pour les autres, le montant se chiffrera à 25$, 100$ et 200$ par adulte pour les années 2010, 2011 et 2012. Une prime d’assurance ne diminue pas la surconsommation (aléa moral) et certains chercheurs affirment même qu’une prime d’assurance pourrait augmenter la consommation de soin, dû au fait que certaines personnes voudraient récupérer une partie de leurs dépenses. Ce résultat est appelé l’effet d’assurance. Ainsi, le seul but de cette taxe est de récolter de l’agent en faisant contribuer presque tout le monde.

En quoi cette taxe est bonne? Cette contribution a été mise en place pour que le gouvernement n’ait pas à subir, à l’intérieur de son enveloppe budgétaire actuelle, l’augmentation constante d’environ 5,5% par année des coûts des soins de santé au Canada. Ainsi, cette contribution jumelée aux fameux tickets modérateurs (franchise) devrait fournir l’argent nécessaire pour combler cette hausse constante. La taxe de la santé comblera environ 1 milliard de dollars. Cette taxe à deux bons points. Premièrement, cette taxe récolte du nouvel argent. Deuxièmement, cette taxe indique un changement de mentalité de la part du gouvernement qui désire maintenant faire payer tous les utilisateurs. Le principe de l’utilisateur payeur est souvent mentionné, mais il ne faut pas oublier que même quelqu’un qui n’utiliserait pas le système paierait quand même le prime ce qui n’a rien à voir avec l’utilisateur payeur.

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En quoi cette taxe est mauvaise? Malheureusement, demander une contribution générale indique que tout le monde devra payer et même les gens les plus pauvres. Il faut mentionner que les personnes qui se trouvent sous le seuil de faible revenu n’ont pas à payer la taxe et ceux qui sont juste au-dessus de ce seuil sont remboursés de par l’apparition d’un nouveau crédit d’impôt pour la solidarité. Le principal problème économique de cette loi est qu’elle est régressive, soit que la taxe ait un impact beaucoup plus important sur les familles qui sont justes au dessus du 30,000$ par année. Ainsi, cette taxe représente une proportion plus importante du revenu des gens moins fortunés que sur les classes plus avantagés monétairement.

Y a-t-il un problème économique autre que l’aspect régressif dans cette taxe ? En science économique, pour comparer les taxes il faut analyser la perte sèche (perte nette ou « Deadweight loss») c’est-à-dire la perte bien-être économique qui est due à la substitution des biens. Lorsqu’une taxe fait augmenter le prix d’un bien relativement à un autre, les gens vont substituer ce produit pour un produit comparable ce qui implique un coût économique pour les consommateurs qui doivent changer leur consommation et les producteurs de ce bien. Cet effet s’appelle l’effet de substitution et amène une perte d’utilité pour les agents économiques. Dans le cas présent, il faut savoir que cette taxe agit comme un tarif, ou une prime d’assurance. Ainsi, cette taxe ne fait pas augmenter le prix relatif de la santé pour le consommateur, car il ne paie pas plus lorsqu’il consomme. Par contre, cette taxe à comme conséquence de diminuer le revenu des individus et cette diminution de revenu aura pour effet de resserrer le portefeuille du consommateur qui devra faire des choix pour respecter sa contrainte budgétaire. Cet effet s’appelle l’effet de revenu. Cet effet de revenu diminue également l’utilité des consommateurs ce qui entraine une perte économique au niveau social. Il est généralement reconnu en économie que ce type de tarif à une perte sèche (diminution d’utilité) plus élevé qu’une augmentation de l’impôt sur le revenu ou une taxe à la consommation qui ne discrimine pas les biens.

Finalement,

  1. Cette taxe n’a pas de fondement économique (comme la surconsommation) autre que récolter de l’argent
  2. Cette taxe est régressive et elle atteint donc plus les classes moins fortunées même si elle protège d’une manière très discrète les gens moins fortunés
  3. Cette taxe est comme une prime d’assurance. Ainsi, l’effet d’assurance qui est présent dans les systèmes de santé privés comme aux États-Unis pourrait devenir réalité.
  4. L’effet revenu induit par cette taxe réduira l’utilité (le bien-être) de la collectivité
  5. Elle envoie le signal que le gouvernement veut changer de cap. Ce qui est un bon signal selon moi.

Malgré l’imperfection de cette loi, il faut quand même se rappeler que le Québec au complet, tout comme plusieurs pays occidentaux, est dans une situation financière critique et qu’il faut agir. Ainsi, si cette politique n’était pas mise en place, une autre devrait la remplacer et pourrait avoir le même nombre sinon plus de contrainte et de problèmes économiques.

Voir l’article sur le ticket opérateur.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 4 avril 2010

L’équité et le « Health act »

Premièrement, il est important de bien comprendre les différents types d’équité utilisés en science économique, mais également dans les sciences sociales. Prenons l’exemple d’équité géographique en santé et distinguons l’équité verticale et horizontale. L’équité géographique horizontale s’applique de la manière suivante dans un système de santé : deux individus qui habitent à même distance d’un grand centre devraient avoir le même accès aux soins de santé. Ensuite, il faut s’assurer que quelqu’un qui habite très loin d’un grand centre urbain n’ait pas un accès largement inférieur à quelqu’un qui habite près d’un grand centre urbain. Ce deuxième type d’équité est de type vertical.

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Un autre exemple classique en économie est celui de l’impôt sur le revenu. Comme vous savez, l’impôt sur le revenu doit être progressif, c’est-à-dire que les personnes qui ont un revenu supérieur doivent payer plus d’impôt en terme relatif, soit contribuer d’une manière plus importante que les gens qui ont un revenu inférieur. Ainsi, l’équité horizontale serait que deux personnes qui gagnent le même revenu devraient payer le même niveau d’impôt. L’équité verticale implique, dans ce cas, qu’une personne qui gagne un meilleur salaire paie plus proportionnellement à son revenu (en terme absolu, mais également en terme relatif).

L’analyse de l’équité verticale et horizontale peut s’appliquer à la plupart des politiques publiques et est généralement partie intégrante des lois ou des recommandations de politiques économiques. En terme de soins de santé, plusieurs types d’équité peuvent être considérés comme le revenu, les besoins, les types de soins, l’accès aux technologies, l’aspect géographique et les délais d’attente.

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Dans le cas du « Health act », l’équité géographique est vaguement énoncée, mais le principal aspect considéré est celui de l’accès. Le « Health act » ne considère pas l’équité dans l’accès, mais plutôt l’égalité dans l’accès. Ainsi, tout le monde à un accès égal aux soins de santé sans aucune discrimination.

Tenter de faire respecter un principe d’égalité sans considérer l’aspect de l’équité me semble très difficile à mettre en application. Il est assez intuitif de considérer que quelqu’un qui habite à 1,000 kilomètres au nord-est de Montréal va avoir un accès moins rapide aux technologies de nouvelles générations, juste par le fait qu’il habite très loin. Ainsi, on considère l’équité comme norme, mais plusieurs types d’iniquité peuvent apparaître comme importants si aucune action n’est prise pour les régler.

Finalement,

  1. Il faut analyser les impacts sur l’équité horizontale ainsi que sur l’équité verticale lorsqu’une politique publique est en jeu.
  2. L’équité peut être trompeuse lorsqu’elle n’est pas analysée conjointement avec les types d’équité

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 4 avril 2010

Les différents types d’études économiques en santé

Plusieurs types d’études économiques sont appliquées et applicables dans des contextes réels en santé. Cet article distingue les différents types d’études dans le but de mieux comprendre l’utilité de chacun d’entre eux. Il y a l’analyse coût-bénéfice, l’analyse coût-efficacité, l’analyse coût-utilité et finalement l’analyse coût-minimisation. Toutes ces méthodes servent à identifier les coûts et les bénéfices en terme monétaire, mais c’est dans la méthode de mesures qu’elle se différentie. Le but ultime de ces études est de mesurer les coûts économiques sociaux des diverses alternatives. Ainsi, ces techniques sont rarement utilisées pour analyser les coûts privés, mais généralement pour l’ensemble des coûts, soit les coûts publics et privés de tous les agents économiques. La somme de ces coûts peut être appelée le coût social d’une alternative. Il y a également des méthodes qui servent à questionner les individus et à tirer des résultats analytiques de leurs réponses par le biais de modèles ou autres. Ces méthodes s’appellent l’analyse contingente et l’analyse conjointe.

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Il est d’abord important de comprendre pourquoi l’étude économique est importante. Premièrement, l’étude économique permet d’identifier les différentes options possibles pour un traitement grâce à sa structure systématique. Ces études vont ensuite comparer les bénéfices et les coûts de ces options de diverses manières. Deuxièmement, le point de vue utilisé dans l’analyse est nécessairement très important dans le résultat de l’étude. L’étude économique permet, grâce à l’étude contingente et à l’analyse conjointe d’utiliser le point de vue des individus ou des décideurs publics en le déterminant a priori. Il est évident que le point de vue économique est également considéré, car malgré que les avantages et les coûts peuvent être pondérés en fonction des volontés des patients ou des décideurs, le traitement qui est le plus efficient en terme économique sera à privilégier. Troisièmement, l’étude économique est le seuil type d’étude de politiques qui analyse d’une manière efficace le risque et l’incertitude. Une maitrise des probabilités liées aux différents risques et nécessaire pour analyser correctement toutes les différentes alternatives.

L’analyse coût-bénéfice mesure les coûts et les bénéfices mêmes s’ils ne sont pas communs à chaque type de traitement. Cette technique est privilégié par les économistes, car la mesure des conséquences est faite directement en terme monétaire. Par contre, cette technique n’est pas toujours utilisable, et ce, principalement en santé où il faut généralement passer pas des méthodes alternatives pour arriver aux résultats escomptés.

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L’analyse coût-efficacité mesure les coûts et les bénéfices même s’ils ne sont pas communs à chaque type de traitement, et ce, même si le degré de guérison n’est pas le même dans les différentes alternatives. Dans le cas de l’analyse coût-efficacité, les conséquences sont évaluées en terme naturel soit avec des mesures de santé. Par exemple, l’utilisation de DALY, du niveau de tension et de nombre d’années gagnées peut être utilisée.

L’analyse coût conséquence (coût-minimisation) sert à identifier le coût des différentes alternatives en terme monétaire. Cette technique ne modélise pas les bénéfices et n’est donc utile que pour comparer les coûts sociaux des options.

L’analyse coût-utilité est en fait une analyse coût-utilité, mais mesuré avec le nombre d’années en santé qui découle de chaque traitement. L’unité de mesure utilisée est généralement le QALY.

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L’analyse contingente est simplement le nom qu’on donne aux techniques de questionnaires classiques qui sont utilisées dans les sciences sociales comme en psychologie, en économie, en sociologie et autres.

L’analyse conjointe est une technique qui fut utilisée ces dernières années en économie pour remplacer l’analyse contingente. L’analyse contingente peut-être biaisée de diverse manière comme avec le biais stratégique (quand le répondant adopte une stratégie pour altérer les résultats), le biais du point de départ (quand l’enquêteur influence le participant) et le biais hypothétique (quand la situation n’est pas prise au sérieux, car elle est hypothétique). L’analyse conjointe, en plus d’avoir moins de possibilités de biais, donne des résultats plus intuitifs en science économique. Effectivement, cette technique permet de trouver le taux marginal de substitution entre les biens ou les différentes caractéristiques d’un traitement. Ainsi, tout comme l’analyse contingente, l’analyse conjointe permet de trouver le consentement marginal à payer (WTP), mais également de trouver les taux marginaux de substitution ce qui rend cette analyse très complète dans le but de faire des analyses coût-bénéfice.

Finalement,

  1. L’analyse coût-bénéfice, l’analyse coût-efficacité, l’analyse coût-utilité et l’analyse coût-minimisation servent à identifier les coûts et les bénéfices des options possibles et de les comparer.
  2. L’analyse conjointe et l’analyse contingente servent à mesurer le consentement marginal à payer et les taux marginaux de substitution chez les patients ou les consommateurs.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Auteur du livre: Nathalie Elgrably

Ce livre à une vocation très appréciée soit d’éduquer économiquement les Québécois. Plusieurs des chapitres de ce livre sont très intéressants et relatent plusieurs principes économiques qui, s’ils étaient bien compris par les québécois, pourraient faciliter les transitions vers un économie plus efficace et des politiques publiques qui optimisent l’utilisation des ressources.

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Ce livre comporte un chapitre sur la santé et ce dernier a attiré mon attention lors de ma deuxième lecture. Même si ce livre critique les sophismes économiques québécois et canadiens, il est en soit un sophisme. Il est évident qu’au Québec, le système public est une vache sacré, mais il ne faut pas tombé non plus dans l’extrémiste et dire que la privatisation va tout régler. Tout comme la centralisation (système avec le gouvernement au coeur), le système décentralisé (avec le marché qui génère les équilibres) comporte de nombreux enjeux qui sont aussi sinon plus insurmontables que ceux de la centralisation. On n’a qu’a penser à l’équité en santé ou la croissance des coûts en santé (en terme de PIB). Je prêche plutôt pour un système hybride soit un mixte entre une unité centrale qui serait chapeautée par un système de marché dirigé. Plusieurs autres articles de ce site ont pour but d’en exposer les différentes facettes.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

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Publié par : Gabriel Tremblay | 15 mars 2010

Théorie économique : Les élasticités en économie de la santé

Il existe deux types d’élasticité principalement utilisés, soit l’élasticité de la demande par rapport aux prix et l’élasticité de la demande par rapport au revenu. Par contre, ces élasticités peuvent également être appliquées à l’offre dans l’analyse de l’élasticité de l’offre.

L’élasticité de la demande par rapport aux prix qui est souvent référés sous le signe ε. Elle est définie comme la variation en pourcentage de la quantité divisé par la variation en pourcentage du prix. L’élasticité de la demande par rapport au revenu est définie comme la variation de la quantité en pourcentage par rapport aux prix.

ε-prix=(Δq/q)/(Δp/p)

ε-revenu=(Δq/q)/(Δr/r)

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L’analyse mathématique ou graphique est ici relayée aux livres d’économie et nous nous contenterons de commenter l’utilité de ce type d’analyse dans les contextes réels.L’analyse de l’élasticité de la demande et de l’offre est très importante dans l’analyse des politiques publiques en science économique et voyons pourquoi.

De quelle manière peut-on interpréter une élasticité de la demande par rapport aux prix? Si l’élasticité par rapport au prix est inférieure à 1, on dira que la pente de la courbe de la demande est inélastique. En fait, une courbe de demande inélastique indique que si le prix augmente de 1%, dans quelle proportion la quantité demandée va t’elle diminuer. Par exemple, si l’élasticité de la demande est de 0,5 alors une augmentation de 10% du prix aura comme effet de diminuer la quantité demandée par les consommateurs de 5%. À l’inverse, si la pente de la courbe de la demande est élastique, par exemple de 2, une augmentation de 10% du prix diminuera la quantité demandée de 20%.

En santé, il est fort intéressant de s’intéresser aux différentes élasticités, car les biens consommés sont souvent essentiels et généralement très importants pour la santé des patients. On peut introduire un concept simple, généralement, si le bien est facilement remplaçable (beaucoup de substitut) ou qu’il n’est pas nécessaire à la vie (bien de luxe), son élasticité aura tendance à être plus grande. Ainsi, une augmentation de prix aura plus d’impact sur la quantité demandée dans ce cas. En santé, ce n’est pas le cas, car les services sont considérés comme nécessaires si on exclut les chirurgies esthétiques qui ont probablement une élasticité de la demande plus élevée. Nous savons que les médicaments ont une élasticité de la demande par rapport aux prix inélastiques qui se situent dans les alentours de 0.6-0,8 et les autres soins de santé importants ont une élasticité encore plus inélastique qui varie de 0.2-0.7.

L’élasticité de la demande par rapport au revenu permet d’analyser avec quelle ampleur une hausse ou une baisse de revenu va influencer la quantité demandée. Cette analyse est complémentaire à celle de la demande par rapport aux prix et est également à inclure dans les analyses de politiques publiques.

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L’analyse de l’élasticité de l’offre sert à étudier la substitution entre les facteurs de production et l’adaptabilité des producteurs. Par exemple, si une compagnie pharmaceutique possède une courbe d’offre très élastique, alors l’apparition de générique sur le marché, diminuant la demande pour sont produit différencié, diminuant ainsi de beaucoup la quantité offerte sur le marché.

Il est bien important de spécifier, même si l’analyse graphique est absente de cette analyse, qu’une augmentation de la demande et une augmentation de la quantité demandée sont bien différentes. Une augmentation de la demande fait référence à un mouvement vers la droite de la courbe de demande et une augmentation de la quantité demandée est causée par un mouvement de la courbe d’offre qui fait augmenter la quantité ou diminuer la quantité sur la courbe de demande.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

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Publié par : Gabriel Tremblay | 13 mars 2010

Les cliniques privés au Québec, un avenir plus que radieux

Selon l’article « Les cliniques privées, pas une question de profit » publié sur le site internet d’argent le 12 mars dernier, près de 122 médecins généralistes des 9800 au Québec seraient déjà dans le système privé. Ce chiffre peut paraître petit ou grand suivant votre vision des choses, mais dans un contexte où la loi fédérale interdit ce type de pratique, sans appliquer sa loi, c’est déjà un bon début.

Il y a des coûts et des bénéfices à un système privé, principalement en ce qui a trait à la privatisation des institutions de santé intensives comme les hôpitaux et les urgences, mais ces sujets seront traités dans d’autres articles plus précis. La privatisation massive aurait également des impacts sur l’aléa moral qui serait grandement augmenté, sur le risque pour les patients peu ou pas assurés, sur l’équité des soins de santé et sur l’éthique de disparité des soins de santé.

En ce qui a trait au problème présent soit le transfert partiel ou complet de certains médecins généralistes au secteur privé, je crois personnellement que cette avenue est l’une des plus intéressantes pour le futur des soins de santé au Québec. Ces médecins peuvent offrir des soins particuliers à une clientèle qui a les moyens de payer pour avoir ces soins rapidement. Ces patients se retirent donc partiellement de la couverture publique, laissant plus de place sur les listes d’attentes pour les gens qui n’en ont pas les moyens. Le temps d’attente est réduit pour tout le monde ce qui constitue une amélioration au sens de Pareto.

Le temps d’attente peut être réduit pour tout le monde, car le médecin n’a pas de contrainte artificielle de marché imposé dans les hôpitaux et clinique dirigée dans le système public.

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Amenons certaines notions déjà traitées, pour mieux comprendre de quelles manières cet exercice est merveilleux en terme économique. Premièrement, le médecin n’est plus l’agent de deux principaux dans sa relation principal-agent. Il n’a plus à satisfaire les besoins ou respecter les contraintes imposées par le régime public. Il n’est l’agent que du patient et doit se mettre à sa place pour comprendre ses besoins et prescrire ce qu’il y a de mieux comme dans toutes autres situations. Si tous les services privés étaient gratuits et illimités, il faudrait des moyens de limiter la surconsommation (aléa moral) et le système public a utilisé la gestion de l’offre et de la demande pour limiter les coûts ce qui nous amène au problème actuel.

Dans notre cas, il n’y a pas de surconsommation pour la simple et bonne raison que le patient paie le prix réel de la consultation. On ne peut pas naturellement dire qu’un individu surconsomme en terme social s’il est prêt à payer tous les frais associés à un traitement et que les externalités sont internalisées dans le prix. De plus, ces services ne peuvent pas être couverts pas une assurance, étant donné la loi canadienne déjà discutée.

Le patient paie le vrai prix et s’attend à des consultations plus exhaustives et moins hâtives, ainsi il est naturel que le prix soit plus élevé que paie le régime public aux médecins ce qui ne semble pas être le cas pour l’instant, sauf en ce qui a trait aux frais d’ouverture de dossier (environ 60-70$). Donc le patient consulte moins souvent. Le médecin n’a pas de contrainte et peut traiter tous les patients qu’il veut et faire tous les traitements mineurs rapidement même si ces derniers devraient être sur une liste d’attente au public. De par le fait que le médecin n’a pas de contrainte, soit pas de deuxième principal, il soigne plus de gens et les listes d’attentes inutiles sont inexistantes.

D’un autre côté, en augmentant grandement l’offre des services privés de ce type, il est possible de voir les listes d’attentes diminuer dans le secteur public. Dans le secteur public, les médecins sont souvent contraints à des heures spécifiques qu’ils appellent des priorités soit des heures où ils ont le droit de pratiquer une spécialité. Un nombre d’opérations maximal peut également être imposé dans certains cas. La disparition du deuxième principal va donc améliorer cet aspect.

Si les soins privés viennent qu’à devenir couvert par des assurances, ces effets seraient nécessairement moins importants et le principe économique sous-jacent à la privatisation partielle serait moins fort par la présence d’une deuxième principale. Mais les bienfaits en terme de gestion des traitements et des listes d’attentes peuvent être quand même importants. Naturellement, l’assurance amplifierait l’aléa moral dans le secteur des soins privés.

Je crois également que, comme l’article cité en début de texte, les médecins ne font pas ce pour le profit, mais bien pour offrir des soins de plus haute qualité et plus rapidement dans un environnement sain. C’est la disparition du deuxième principal qui leur permet de mieux soigner les patients.

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Ce type d’analyse peut également être appliquée aux opérations mineures qui pourraient être faites au privé. Je crois que dans ce cas les bénéfices pour la société seraient tout aussi grands que dans le cas des cliniques d’omnipraticiens. Pour ce qui est des hôpitaux et autres soins intensifs, il s’agit d’un autre cas bien différent.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 9 mars 2010

Endogène et exogène en économie de la santé

Les termes endogènes et exogènes sont souvent utilisés en science économique. Ces termes sont utiles pour caractériser des variables dans un modèle généralement théorique, mais également empirique.

Une variable est endogène lorsque ses valeurs sont déterminées par le modèle lui-même. Nous dirons que ces variables sont à l’intérieur du modèle. Définissons une fonction de production en économie de la santé pour mieux comprendre. Prenons comme exemple des infirmières qui doivent vacciner des patients pendant la crise de la grippe H1N1. La fonction de production explique la production de vaccins. Ainsi, les variables qui vont expliquer la production de vaccins et qui sont expliquées par les relations entre les autres variables du modèle sont des variables sont endogènes. Ces variables seront, dans ce cas, considéré comme des intrants ou des facteurs de production. Ainsi, le nombre d’infirmières et le nombre de vaccins seront des intrants, car leur quantité est déterminée par la fonction de production et détermine également les autres variables.

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En ce qui a trait aux variables exogènes, ces dernières déterminent la valeur des variables du modèle, soit les variables endogènes, mais ne sont pas déterminées par les variables endogènes. Nous dirons que ces variables sont à l’extérieur du modèle. Une manière simple d’identifier ces variables est de déterminer si ces variables sont prédéterminées ou non. Si ces variables sont prédéterminées, alors elles ne sont pas déterminées par le modèle et sont donc des variables exogènes. Dans le cas de l’usine à vaccins, une variable prédéterminée serait le prix des vaccins qui est déterminé par les compagnies pharmaceutiques. Le prix détermine la production de vaccin, car un prix trop élevé limitera l’offre, mais ce prix n’est pas déterminé par le modèle.

Pour une discussion sur l’internalisation des externalités qui à des liens avec ce texte, cliquez sur le lien suivant.

Voir “Internaliser une externalité”

Gabriel Tremblay

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 9 mars 2010

L’expression “Over the Counter”

En économie de la santé et dans les sciences de la santé, le terme “Over the Counter” réfère à un médicament qui a été dispensé à un patient sans prescription. Au Canada, ces médicaments sont disponibles dans les pharmacies sans avoir à demander au pharmacien. Les autres médicaments sont des médicaments sous prescription. La prescription doit être signée par un médecin sauf sous certaines exceptions comme certains renouvellements qui ont déjà été signés par un médecin et les dentistes pour des produits particuliers. Les médicaments sous prescriptions doivent être dispensés par un pharmacien, tandis que les médicaments “Over the Counter” peuvent être achetés dans différents types de magasin.

En économie et en finance, le terme “Over the Counter” (OTC) est également une appellation pour certains types de produits dérivés qui ne sont pas négociés en bourse.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 8 mars 2010

Internaliser une Externalité

Les principes d’externalités sont très importants en économie de la santé. Un autre article parlait des différents types d’externalités positives et négatives.

Voir la santé publique et les externalités positives

Considérons que tous sont au courant de ce qu’est une externalité. Pour les économistes de la santé, internaliser une externalité signifie que l’externalité qui est un problème de marché doit être intégrée dans les paramètres du marché en ajustant ce dernier et qu’après cette intervention, il n’y a plus de problème de marché. Ainsi, l’internalisation revient à dire que le marché va maintenant considérer la valeur de cette externalité dans ce marché et les prix seront corrigés, généralement pas une hausse des prix de production (diminution de l’offre causée par une taxe ou autre).

Par exemple, si la pollution n’est pas prise en compte pour la production d’électricité au charbon au Nouveau-Brunswick et que le kWh se vend 4 sous. Cette centrale thermique n’a pas à payer pour la pollution qu’elle cause, et c’est donc une externalité négative, car la pollution à des effets sur les autres agents économiques et ces derniers ne sont pas compensés monétairement ou autre. Si le barrage adjacent doit vendre son électricité à 5 sous le kWh pour ne pas faire faillite, il est désavantagé de par cette externalité. Si le gouvernement décider d’internaliser l’externalité de la pollution dans le marché de l’énergie en chargeant une taxe pour le co2 de 1 sou par kWh, alors l’électricité du barrage se vendra moins cher.

Conclusion, si l’on veut modifier les comportements économiques dans un marché, il faut absolument mener des actions qui vont amener les individus à comprendre leurs effets sur les autres individus, soit à internaliser l’externalité. Par exemple, si un patient surconsomme un traitement de santé inutilement, lui charger des frais fixes plutôt que la gratuité va lui permettre d’internaliser, à travers le marché économique, sa surconsommation. Il faut donc arriver à fixer les incitations des individus pour qu’ils consomment à l’optimum ou le plus proche que l’on peut en arriver.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 8 mars 2010

Le médecin est altruiste ou paternaliste

Il n’y a aucune distinction entre l’altruisme et le paternalisme pour un économiste de la santé. Le mot paternaliste ne signifie pas qu’un médecin ou un spécialiste de la santé agit comme un père avec le patient, mais plutôt qu’il internalise une partie de l’utilité du patient.

Il y a deux types de paternalisme, soit le paternaliste sur l’utilité ou le paternalisme sur une partie de la fonction d’utilité. Par exemple, il est logique de considérer que l’infirmière est paternaliste (altruiste) envers le patient par rapport à sa fonction de santé, soit le niveau de santé du patient.

Par contre, le médecin doit considérer plus d’aspects dans la relation avec le patient, comme le revenu lorsqu’il prescrit un médicament dispendieux ou les effets sociaux d’une thérapie. Ainsi, on pourrait considérer que le médecin considère la fonction d’utilité au complet du patient lorsqu’il prend la décision pour le traitement optimal.

Les professionnels de la santé sont foncièrement altruistes et ils ont décidé d’exercer cette profession pour aider les gens qui souffrent et qui sont malades. On peut donc considérer qu’une grande partie de leur utilité au travail (plaisir d’aller travailler dans ce cas) est liée aux soins qu’ils prodiguent généreusement aux patients.

Les professionnels de la santé sont altruistes, en économie on dit qu’ils sont paternalistes, mais il ne faut pas prendre ce terme dans un sens péjoratif.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 5 mars 2010

Efficacité et efficience économique

Il est important de comprendre la distinction entre les différents types d’efficiences et d’efficacités même si les distinctions peuvent paraître nébuleuses quelques fois. Il faut bien faire attention, car ces termes sont souvent utilisés d’une manière trompeuse. Par contre, ces définitions sont celles des économistes de la santé et certaines autres sciences peuvent avoir des définitions qui sont différentes en quelques points. La raison de ces différentes peut-être due au niveau de l’analyse, car l’économiste analyse généralement le marché et le comportement des agents dans un marché spécifique.

Premièrement, il faut définir la différence entre l’efficacité et l’efficience. L’efficacité est le rapport entre les résultats atteints et les objectifs qui étaient visés a priori. Pour ce qui est de l’efficience, il s’agit des résultats atteints par rapport aux ressources utilisés pour arriver aux résultats.

L’efficacité de marché fait référence à l’équilibre du marché soit le point optimal qu’il faut atteindre.

L’efficience économique en santé implique que les résultats en santé soient maximisés par rapport aux ressources allouées dans le processus.

L’efficience technique implique que le processus atteigne le maximum de résultats possibles avec une dotation fixe de ressources. Cette efficience réfère à la courbe de possibilité de production.

L’efficience productive implique que le résultat sur la santé des populations soit maximisé par rapport à un coût précis en terme monétaire.

L’efficacité allocative fait référence à la valeur que nous attribuons aux soins de santé. Cette dernière mesure si cette valeur est égale aux coûts nécessaires pour arriver à ce résultat. Ce type d’efficacité est intimement lié au coût d’opportunité, car le bénéfice marginal d’une intervention doit être égal au coût marginal de cette intervention, et ce, à l’équilibre de marché. Les ressources doivent être allouées pour maximiser le résultat, soit le résultat souhaité (maximiser le surplus total et la santé). Les économistes vont souvent analyser cette efficacité avec le critère de Pareto qui est un critère d’unanimité. Ce critère indique qu’une distribution alternative, si elle est choisie, doit au moins satisfaire tous les individus d’une manière égale et avec le même niveau d’utilité. Si une personne est moins satisfaite, alors cette alternative n’est pas efficiente au sens de Pareto.

Maintenant, parlons un peu plus de l’efficacité de marché qui est très importante pour les économistes. En fait, l’analyse économique est toujours plus ou moins proche de l’étude de l’efficacité, car cette science s’attarde toujours à l’utilisation des ressources par rapport à un but précis. L’efficacité de marché implique que l’offre et la demande détermine la quantité efficace. Les prix doivent également alloués les biens entre les consommateurs en fonction de leur volonté marginale de payer. Un autre aspect de cette efficacité est que la volonté marginale de payer des patients doit indiquer la valeur du bien à l’équilibre.

En santé, et ce principalement au Canada, on voit bien que le marché ne répond pas à ces conditions de par sa nature et sa construction. Le problème est au niveau de l’éthique. Nous ne voulons pas nécessairement que le prix permette d’allouer les soins de santé, car dans ce cas l’équité dans les soins de santé pourrait être fortement détériorée. Le principe fondamental du système canadien est l’équité elle-même, ce qui ne permet pas un tel écartement. Par contre, il serait possible d’avoir un système de prix pour les soins de santé et de subventionner les soins aux personnes les plus démunis, mais pas dans le régime canadien actuel. Plusieurs autres articles discutent de ces problèmes d’équité et de marché centralisés ou décentralisés.

Les analyses de projet en économie de la santé permettent de mettre un chiffre ou une valeur sur ces différents principes dans des cas particuliers. Ces techniques permettent de comparer différents états, traitements, types de gestion ou autres dans le but de déterminer lequel est le plus proche de l’équilibre de marché. L’analyse théorique des problèmes réels dans le système de santé permet également d’analyser les incitations économiques qui sont sous-jacentes.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 5 mars 2010

Théorie de l’agence : La relation principal-agent

Dans la théorie de l’agence, le principal détient soit le capital de production ou la possibilité de déléguer une décision précise. L’agent est celui qui va utiliser ou exploiter les moyens de production ou de prendre la décision pour le principal. L’agent doit se mettre à la place du principal, mais il existe généralement des problèmes inhérents à la gestion de ce type de marché et des limites de marché doivent être fixé pour régler les problèmes, ces problèmes ce situe habituellement au niveau des incitations économiques qui doivent être ajusté et bien évaluées dans le but d’arriver à l’équilibre de marché.

Par exemple, le patient, le principal, doit déléguer la décision de son traitement aux médecins, l’agent, car il y a présence d’asymétrie d’information. Le patient doit déléguer la décision, car il ne possède pas toute l’information pour traiter sa condition et c’est le médecin qui fait ce choix. D’un autre côté, l’assureur public est également le principal du médecin, car il délègue le choix du médicament au médecin. Le médecin est donc dans un certain conflit d’intérêts, car il a deux agents qui ont des buts différents.

Dans le cas de l’assureur public, ce dernier peut instaurer des réglementations qui limitent le médecin. En ce sens, l’assureur public n’a pas à mettre de la pression outre mesure sur le médecin et l’équilibre artificiel se fait par la réglementation. L’assureur public se limitera à tenter d’influencer les médecins avec de la publicité et de l’information, sans plus. Dans le cas des assureurs privés, il y a une grande différence. Les assureurs privés ne peuvent pas imposer des lois et en plus ils font face à une lourde concurrence d’offre de médicament. Ces derniers, s’ils veulent imposer une liste de médicaments, doivent s’entendre entre eux pour avoir une liste pratiquement identique, ou d’avoir des primes à un niveau de prix différents. Les pressions sur les médecins peuvent donc être beaucoup plus sauvages. Au canada, seulement les médicaments sont couverts et la pression des assureurs est donc pratiquement inexistante, mais aux États-Unis ce type de pression pour les assurances de soins de santé est connu et bien présent.

Les problèmes de principal-agent sont donc bien présents au Canada, même s’ils sont moins importants que dans d’autres systèmes. Notre système évite la pression sur les agents, augmenter légèrement cette pression pourrait contribuer à limiter la hausse des coûts en santé ou à soigner plus de gens pour le même niveau de dépense. L’économie de la santé et la théorie de l’agence permettent de déterminer quelles sont les incitations économiques à corriger et de quelle manière il faut les traiter. Il ne faut pas oublier non plus que l’économiste va utiliser des techniques quantitatives pour arriver à ces fins ce qui aide la compréhension des phénomènes et permet la comparaison.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 4 mars 2010

Microéconomie de la santé

Les agents économiques soit les médecins, pharmaciens, infirmières, patients, gestionnaires, institutions de santé, assureurs publics et privés, compagnies sans but lucratif, cliniques privées, compagnies pharmaceutiques et génériques ont tous des incitations économiques ou autres. Ils sont attirés par un but qu’il soit commun ou non.

Le marché pharmaceutique malgré sa grande complexité due à la réglementation importante (prix, approbation thérapeutique, sécurité, publicité) reste en général la partie du secteur de la santé qui ressemble le plus aux autres secteurs de l’économie. Ainsi, l’économie industrielle (organisation industrielle) permet de répondre à certaines questions quant à la concurrence et aux incitations économiques des agents.

L’étude des pharmaciens au Québec et au Canada est parsemée d’embuches étant donné les lourdes restrictions quant à la dispense des médicaments pour ce qui est du régime public. Il semble que les pharmaciens propriétaires ont une attitude qui prône les génériques dus aux marges de pharmacies que ces compagnies distribuent. Le pharmacien garde quand même toujours une attitude paternaliste étant donné sa fonction de dispenseur très important pour la santé des clients. Ainsi, un pharmacien qui n’a pas d’incitation économique (comme un profit) dans la dispense de médicaments comme un pharmacien d’hôpital, aura une attitude fortement paternaliste et jouera bien le rôle de l’agent du patient. Cette relation est appelée une relation principal-agent en science économique. Le consommateur serait le principal et le pharmacien serait l’agent. L’agent doit se mettre à la place du consommateur dans le but de dispenser un médicament qu’il aurait souhaité prendre s’il était à la place du patient. Il faut mentionner que le pharmacien est également l’agent de l’assureur public et des assureurs privés. Étant donné la réglementation mise en place par les gouvernements, la pression du principal (dans ce cas-ci, l’assureur public et privé) est moindre et se limite à de la publicité et des encouragements d’ordre suggestif.

Les gestionnaires du système public n’ont pas d’intérêt dans la maximisation du profit des institutions. Pour un économiste, maximisation signifie optimisation des ressources. En ce sens, la maximisation de l’importance et des chances de promotion peut-être importante si les mesures nécessaires ne sont pas mises en place. Maximiser son budget, même si l’allocation des ressources n’est pas optimale, peut-être intéressante si la probabilité de promotion est plus importante par la suite. Je dois avouer que j’ai une grande confiance en la plupart des fonctionnaires québécois et que ce type d’attitude doit être particulièrement limité, s’il existe. Des analyses plus en profondeur sur le terrain peuvent être menées pour analyser les incitations économiques, l’organisation du travail, l’allocation des ressources, la gestion ou autre.

Le patient veut maximiser la quantité et la qualité des soins qu’il reçoit. Ce problème est très important en économie de la santé. De plus, malgré que l’influence des patients reste limitée dans les soins qu’ils obtiennent, cette dernière a augmenté dans les dernières années. Ce type de comportement qui est normal pour un individu qui veut sauver sa vie cause de l’aléa moral (surconsommation, voir article). Le médecin est une forme de contrôle de cette surconsommation ainsi que la gestion de l’offre et de la demande faite dans un système centralisé comme celui du Canada (voir article). Le médecin, comme le pharmacien, est l’agent du patient et de l’assureur public (privé aux US). Ce dernier doit se mettre à la place du patient pour prendre sa décision et aussi se mettre à la place de l’assureur public. Ce conflit d’intérêts est souvent mentionné comme étant un problème fondamental du système centralisé.

Le médecin par son comportement fortement paternaliste et le fait qu’aucune incitation économique ne lui soit imposée (au Canada) pour limiter les soins excessifs, en fait un très mauvais agent pour l’assureur public (le principal), mais un bon agent pour le patient. Le médecin, tout comme les autres agents économiques, veut maximiser son revenu tout en considérant son côté paternaliste. Au canada, les médecins généralistes sont payés par capitation soit au nombre de patients qu’ils traitent. Ainsi, on peut croire que sans contre-incitations économiques, certains médecins qui souhaitent augmenter leur revenu vont accroître le nombre de patients qu’ils traitent, sans nécessairement augmenter la quantité de soins que les patients reçoivent en dehors de leurs cliniques. Ils pourraient par contre demander au patient de faire des visites annuelles de préventions ou des visites de vérification des résultats d’un traitement, ce qui ne serait pas nécessairement mauvais pour les patients. Tout ça pour dire que je ne crois pas que dans le contexte actuel les généralistes, dans le contexte canadien, soient source de surconsommation. Probablement qu’une grande partie d’entre eux souhaiterait travailler moins s’il le pouvait et ils ne vont donc pas se surcharger de travail volontairement. La surconsommation au niveau des généralistes vient, selon moi, des patients qui vont voir le médecin pour pratiquement aucune raison étant donné qu’ils n’ont pas d’incitations économiques à ne pas le faire, comme des frais fixes (interdit au Canada).

D’autres articles viendront appuyer ces mentions théoriques avec des exemples concrets et plus encore. Finalement, la microéconomie de la santé doit être intégrée de manière bien plus concrète dans les analyses du système de santé et beaucoup de chemin reste à faire pour que les organismes et institutions du Québec laissent une plus grande place aux économistes dans le but de régler certains problèmes du système actuel.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

Publié par : Gabriel Tremblay | 4 mars 2010

Macroéconomie de la santé

La macroéconomie de la santé est un segment de cette science qui étudie les phénomènes agrégés dans le système de la santé ainsi que l’interaction de ce secteur de l’économie dans l’économie globale. Les indicateurs économiques sont également utilisés pour comparer ce secteur avec les autres secteurs et par rapport à lui-même.

Ainsi, cette science étudie la santé de la population, la croissance de la consommation (demande) et de la production de soins (offre), tout en gardant en tête un aspect économique de comparaison et d’efficacité. Ce type d’étude permet de vérifier l’allocation des ressources au niveau agrégé, de l’équité et de l’égalité dans les soins de santé, ainsi que des tendances importantes qui vont affecter non seulement la santé, mais également les coûts associés à ce secteur de l’économie.

Ce qui est le plus important, c’est de comprendre que le science économique n’étudie pas la santé d’une manière simplement financière, soit de minimiser les dépenses en santé, mais plutôt de manière économique, soit de maximiser l’utilisation des ressources dans le but de soigner le plus de gens possible avec une quantité de ressources limitées dans le contexte réel, où la rareté est importante. L’argent ne pousse pas dans les arbres et il faut donc s’assurer que celle qu’on utilise pour soigner les gens ne soit pas gaspillée. La santé, c’est probablement ce qu’il y de plus important, et utiliser intelligemment l’argent permet de soigner le plus de gens possible.

Pour s’assurer d’utiliser intelligemment l’argent, il ne faut pas se contenter d’analyser la distribution et l’allocation des ressources au niveau agrégé, mais plutôt s’intéresser au comportement individuel des individus. La microéconomie servira cette cause.

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé

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