Il n’y a aucune distinction entre l’altruisme et le paternalisme pour un économiste de la santé. Le mot paternaliste ne signifie pas qu’un médecin ou un spécialiste de la santé agit comme un père avec le patient, mais plutôt qu’il internalise une partie de l’utilité du patient.
Il y a deux types de paternalisme, soit le paternaliste sur l’utilité ou le paternalisme sur une partie de la fonction d’utilité. Par exemple, il est logique de considérer que l’infirmière est paternaliste (altruiste) envers le patient par rapport à sa fonction de santé, soit le niveau de santé du patient.
Par contre, le médecin doit considérer plus d’aspects dans la relation avec le patient, comme le revenu lorsqu’il prescrit un médicament dispendieux ou les effets sociaux d’une thérapie. Ainsi, on pourrait considérer que le médecin considère la fonction d’utilité au complet du patient lorsqu’il prend la décision pour le traitement optimal.
Les professionnels de la santé sont foncièrement altruistes et ils ont décidé d’exercer cette profession pour aider les gens qui souffrent et qui sont malades. On peut donc considérer qu’une grande partie de leur utilité au travail (plaisir d’aller travailler dans ce cas) est liée aux soins qu’ils prodiguent généreusement aux patients.
Les professionnels de la santé sont altruistes, en économie on dit qu’ils sont paternalistes, mais il ne faut pas prendre ce terme dans un sens péjoratif.
Gabriel Tremblay, économiste de la santé

