L’article sur les types d’aléa moral décrivait de cette manière le risque associé à la gestion de l’aléa moral par rapport aux incitatifs par les prix.
voir: “Les types d’aléa moral”
« Les assureurs publics ne tentent pas d’influencer les consommateurs directement pour ce type d’aléa moral et la raison est bien simple, logique et économiquement appuyée. Dans le marché pharmaceutique, l’élasticité prix de la demande est particulièrement inélastique. Ainsi, lorsque le prix des médicaments augmente, les consommateurs sont très peu affectés par cette hausse, tout ceci relativement aux autres consommations. Si le patient attribue une valeur supérieure à tord ou à raison au produit de marque qu’au produit générique, ce dernier voudra acheter le produit de marque même s’il est plus cher de quelques dollars. La tentative de l’assureur privé de pousser le produit générique revient simplement en une diminution de l’assurance pour ce patient et une augmentation du risque. L’augmentation du risque est le principal problème des politiques qui tentent de limiter l’aléa moral et cette politique des assureurs privés est certainement l’une des pires en terme d’effet économique et d’incitation. »
Le « reference pricing » est un parfait exemple de mauvaises incitations par les prix qui ne fait que diminuer l’assurance des patients et d’augmenter le risque. Cette politique consiste à fixer un médicament de base à un prix de base et de ne pas payer plus pour les autres médicaments. Ainsi, le patient doit payer toute la différence s’il veut un autre médicament ou si son médecin lui prescrit.
Par contre, même si ces médicaments sont des « mee too drugs », soit dans des classes où les effets thérapeutiques sont très similaires entre les médicaments, certains d’entre eux ont des effets particuliers sur des niches de patients et sons donc essentiels pour ces dernières.
Ainsi, les patients devront payer la différence de prix, même s’ils n’ont que des moyens limités. Il est important de mentionner que toutes les classes de médicaments ne sont pas nécessairement visées pas cette politique comme en Colombie-Britannique où seulement quelques classes spécifiques sont concernées. Le résultat en reste le même soit une diminution de la couverture publique.
La littérature n’est pas mitigée sur le résultat de cette politique. Effectivement, le « reference pricing » sauve de l’argent à l’État en transférant le fardeau des soins vers le patient. Le résultat est intuitif, soit les économies pour l’État, mais les soins aux patients les plus malades sont diminués.
Je considère que cette politique serait très néfaste pour toute province canadienne surtout pour une province comme le Québec où l’industrie pharmaceutique est importante autant que l’industrie biopharmaceutique.
Gabriel Tremblay, économiste de la santé

