La fable du phare, en économie, décrit très bien ce que signifie un bien public. Lorsqu’il est nécessaire de construire un phare sur les côtes d’un pays pour éviter la mort de marins et la destruction de bateaux et de leur contenu, plusieurs aspects sont à prendre en compte. Premièrement, il est impossible d’empêcher quelqu’un de profiter du phare, car tous le voient à l’horizon et il serait trop compliquer de rattraper les bateaux qui ne veulent pas payer. Ce phénomène s’appelle la non-exclusivité. Deuxièmement, le nombre de bateaux qui passent devant le phare ne diminue pas la qualité du bien pour les autres bateaux et n’augmente pas les coûts de production du phare. Ce deuxième phénomène s’appelle la non-rivalité. Ainsi, tous les biens qu’ils soient publics ou privés peuvent être identifiés selon qu’ils sont exclusifs ou non et rivaux ou non.
| Rivalité | Non-Rivalité | |
| Exclusif | Bien Privé | Cas mixte |
| Non exclusif | Cas mixte | Bien Public |
D’autres exemples peuvent illustrer cette définition. Par exemple, la défense nationale serait un bien public parfait, car on ne peut pas exclure de citoyens et un citoyen de plus ou de moins n’augmente pas le coût de la défense. Un exemple de bien privé est la nourriture, car on peut exclure facilement un individu en lui chargeant un prix par quantité de nourriture qu’on lui distribue. De plus, si un individu consomme la nourriture, elle ne peut pas être consommée par un autre individu.
Un problème bien simple apparait soit celui du resquilleur face au bien public, mais je ne traiterai pas de ce problème, car il est hors contexte.
Où se situe la santé dans tout ça. Comme vous le savez, le système canadien est centralisé soit un système public. Les individus ne paient pas ou un très petit montant dans certains cas exceptionnels lorsqu’ils consomment des soins de santé soit en hôpitaux ou en cliniques au Canada. Lorsqu’un Canadien se rend à l’hôpital, les autorités sont obligées de le soigner sans aucune discrimination selon le « canadian health act » qui définit la manière donc les soins de santé doivent être administrés au Canada. Donc, on peut dire que dans ce contexte, les citoyens ne peuvent pas être exclus. Par contre, le système n’arrive pas à diminuer la rivalité et va même l’exacerber soit le fait que les soins accordés à un patient ne peuvent pas être administrés à un autre patient. Ce type de système va exacerber la rivalité de par la gestion de l’offre et de la demande nécessaire à la formation d’un équilibre de marché dans les systèmes centralisés, ce qui sera discuté dans un article subséquent.
D’un autre côté, les soins aux patients ne sont pas des biens publics, mais plutôt des biens privés purs. Non seulement les patients sont rivaux, mais il serait facile d’exclure des patients en leur demandant des frais quelconques. C’est donc le « canadian health act » qui rendit la santé un bien mixte au Canada, mais ce bien est tout sauf public (sauf la santé publique, article subséquent).
La conclusion de ce texte est de légitimer les discussions autour de la privatisation partielle du système de santé. Je n’affirme pas ici que le système devrait être privatisé, mais qu’en discuter reste légitime. Des problèmes causés par un système public centralisé autant que ceux causés par un système décentralisé partiellement ou complètement seront discutés dans des articles ultérieurs.
Gabriel Tremblay, économiste de la santé


[...] Voir l’article sur les biens publics [...]
Par Prévention : La vaccination massive est t’elle toujours rentable « Économie de la santé au Québec le 19 septembre 2010
à 18 h 08 min