Publié par : Gabriel Tremblay | 4 février 2010

Comparaison des politiques de médicaments au Québec et en Ontario

 

Politique : Assureurs publics avec présence d’assureurs privés au Québec

Avantages de la politique québécoise :

•Accès très grand aux médicaments comparativement aux autres programmes publics canadiens

•Toute la population est couverte par une assurance (obligatoire de s’assurer au privé si possible sinon au public)

•Encourage le développement économique dans le secteur de la R&D pharmaceutique (compagnie de marque)

•La loi du 15 ans qui est grandement apprécié par les compagnies pharmaceutiques de marque qui profite d’une protection supplémentaire des brevets.

Désavantages de la politique québécoise :

•Coût très élevé

•Ne peut pas obtenir des économies d’échelles grâce au programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM ou CDR en anglais) comme les autres provinces canadiennes. (Organisme pancanadien faisant partie L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS ou cadth en anglais) qui recommande ou non les différents médicaments permettant aux provinces de ne pas avoir à créer des équipes d’évaluation des médicaments (effets thérapeutiques))

Le Québec prend ces décisions indépendamment de celles du reste du canada. Je ne critique en aucun point ce choix, car il s’agit d’une décision de société de s’assurer que les gens les plus démunis aient accès à des soins et des médicaments de qualité. Par contre, il est important de mentionner que ce choix implique des coûts au niveau bureaucratique et je crois que les Québécois sont prêts à payer un peu plus pour avoir de meilleurs services, et ce, principalement en ce qui concerne la santé.

La politique de médicaments indépendante et généreuse permet également d’encourager les compagnies de marque et les biotechs. Environ 35-40% des emplois dans le secteur pharmaceutique ce trouve au Québec et ce principalement dans des compagnies de marques ou de recherche. On peut donc considérer que cet aspect est une réussite en soi. Les compagnies génériques se trouvent en grande partie en Ontario où elles sont avantagées par les lois de substitutions. La présence des compagnies pharmaceutiques de marque au Québec n’est pas seulement expliquée par la politique de médicaments, mais également par les subventions, crédit d’impôt et le financement gouvernemental qui leurs sont accordés, mais qui sont de moins en moins important avec les années.

Le plus important avantage de cette politique est qu’elle permet de couvrir toute la population à un prix abordable pour les plus démunis (pas abordable pour l’État). Le gros problème de cette politique est qu’elle coûte très cher et les prochains articles discuteront de solutions possibles.

Politique : Assureurs publics avec présence d’assureurs privés en Ontario

Avantages de la politique ontarienne :

•Coût peu élevé comparativement au Québec pour diverses raisons comme la négociation secrète avec les compagnies de marque, prix maximum pour générique fixé à 50% du prix des produits de marque.

•Obtiens des économies d’échelle grâce au CDR

Désavantages de la politique ontarienne :

•Accès moyen aux médicaments comparativement aux autres programmes publics canadiens

•Pas toute la population couverte

Le coût relativement peu élevé de la politique ontarienne fait évidemment rêvé en ses temps de compressions budgétaires. Les articles suivants décriront certaines méthodes que le gouvernement pourrait mettre en place pour diminuer le coût de ce service à l a population soit :

•Augmentation du copaiement et du déductible pour diminuer la surconsommation (aléa moral)

•Négociation des prix avec les manufacturiers

•Prix maximum pour les génériques

•Politique innovatrice de prix minimum pour les produits de marque

Ainsi, pourquoi ne pas s’inspirer de l’Ontario et des autres provinces pour améliorer notre système tout en gardant un avantage par rapport au développement économique du secteur pharmaceutique? La politique innovatrice est de mon cru et celle-ci permettrait d’encourager l’innovation tout en gardant les prix au plus bas. À suivre…

Voir également l’article sur “Les politiques de médicaments en question”

Gabriel Tremblay, économiste de la santé

économie de la santé


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